Ernest Émile Martin

Publié

Entre 1880 et 1950

Thème: Généalogie

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Détail historique:

La région de l’Alsace et une partie de la Lorraine (actuellement en France), avaient été annexées à l’empire allemand après la guerre franco-allemande de 1870. La langue parlée était l’allemand, mais beaucoup se considéraient toujours français.


 

Ernest fut le dernier né d’une riche famille de Mulhouse. Ses parent possédaient un atelier de vente et réparation de petits moteurs et machines à écrire. Ils avaient pignon sur l’une des artères principales de la ville. Ernest choisit une formation en mécanique, électricité et design industriel. Il a d’ailleurs créé un certain nombre d’inventions, incluant un anti-vol pour voitures (ce fut à l’époque de la Bande à Bonnot).

Malgré sa culture allemande, Ernest adorait la France, et décida, à dix-huit ans, de passer la frontière et de s’y installer. Il ne parlait pas français, mais s’est tout de même trouvé un travail comme chauffeur et mécanicien chez un riche industriel.

Il rencontra Marie-Ernestine Faulque et eut le coup de foudre. Ils se marièrent et eurent en 1913, une fille nommée Madeleine.

Le 2 août 1914, à la veille de la Grande guerre, les troupes françaises étaient positionnées à Joncherey, près de Belfort, en retrait de la frontière pour éviter les escarmouches. Mais une patrouille de Uhlans fit une incursion en territoire français, et tomba sur des troupes françaises. Des coup de feu ses sont échangés, et le Caporal André Peugeot fut le premier français à mourir dans cette guerre. Cependant les français réussirent à capturer les intrus allemands et leur lieutenant devait être amené à Belfort pour interrogatoire. Comme il y avait peu de voitures à l’époque, c’est à Ernest qu’on a demandé de transférer le prisonnier. De plus, comme il parlait allemand, il a servi d’interprète.

Deux ans plus tard, en 1916, il voulut joindre l’armée française. Cependant, puis qu’il était allemand, il aurait dû rejoindre la légion étrangère. Mais s’il se faisait capturer par les allemands, il aurait rapidement été identifié comme le déserteur Ernest Martin, et aurait probablement été fusillé. L’officier recruteur l’a donc engagé dans l’armée régulière, sous un faux nom: Ernest Faulque (utilisant le nom de jeune fille de sa femme).

Pendant ce temps, son propre frère resté à Mulhouse s’engageait dans l’armée allemande. Heureusement, il s’engagea dans la Keiserliche Marine, les deux frères n’ont donc jamais eu à se battre l’un en face de l’autre.

Ernest survécut à la Première guerre mondiale, seulement pour connaitre la Seconde. Cette fois encore, lorsque le Maréchal Pétain s’est rendu aux allemands, c’est Ernest qui l’a conduit jusqu’à la forteresse de Sigmaringen.